Sauvegarder une boîte IMAP soi-même : imapsync, Thunderbird, export PST : ce qu’on oublie souvent
Pour une ou deux boîtes, des outils gratuits ou peu chers suffisent. Encore faut-il savoir ce que chacun copie vraiment, et ce qu’il laisse de côté.

Sur le papier, sauvegarder une boîte mail est simple : il s’agit de copier régulièrement les messages ailleurs que chez l’hébergeur, et de garder ceux qui ont été supprimés. Plusieurs outils savent le faire, du logiciel de messagerie aux outils en ligne de commande.
Cet article passe en revue les quatre méthodes les plus courantes, puis les points que les sauvegardes faites maison oublient le plus souvent.
1. Thunderbird et son extension d’export
Thunderbird télécharge une copie des messages sur l’ordinateur. Cette copie n’est pas une sauvegarde : Thunderbird se synchronise avec le serveur en IMAP, donc un message supprimé sur le serveur disparaît aussi de l’ordinateur.
L’extension ImportExportTools NG exporte des dossiers en fichiers EML, HTML, PDF ou texte, et peut sauvegarder automatiquement le profil Thunderbird à la fermeture du logiciel. Elle est gratuite et assez simple à mettre en place sur un poste.
Ses limites : il faut un ordinateur allumé et un logiciel ouvert régulièrement, la sauvegarde reste sur ce même ordinateur si personne ne la copie ailleurs, et une sauvegarde du profil faite après une suppression ne contient plus le message.
2. L’export PST d’Outlook
Dans Outlook classique pour Windows, le menu Fichier > Ouvrir et exporter > Importer/Exporter crée un fichier .pst qui contient les messages d’un compte. Le nouvel Outlook pour Windows propose aussi un export, dans Paramètres > Fichiers > Exporter.
C’est une copie à un instant donné. Elle se fait à la main, et un export fait en janvier ne contient rien de ce qui est arrivé ensuite. Les gros fichiers .pst peuvent aussi s’endommager, et Microsoft fournit d’ailleurs un outil pour les réparer.
3. imapsync, pour copier vers une autre boîte
imapsync copie une boîte IMAP vers une autre, sur le même serveur ou sur un serveur différent. C’est l’outil de référence pour les migrations, et il sert aussi à la sauvegarde : vous copiez la boîte de travail vers une boîte de secours, chez un autre hébergeur.
Par défaut, imapsync ne supprime rien dans la boîte de destination : un message effacé de la boîte d’origine reste dans la copie. L’option --delete2 fait l’inverse, et il vaut mieux ne pas l’utiliser pour une sauvegarde.
Le code source est libre d’utilisation. Les versions prêtes à l’emploi pour Windows et Mac, et le support, sont payants : 72 € pour le logiciel en usage professionnel, d’après le site de l’auteur. Il vous faut aussi une boîte de destination, un ordinateur ou un serveur pour lancer les copies, et une tâche planifiée pour les répéter.
4. mbsync et imap-backup, en ligne de commande
mbsync, du projet isync, copie une boîte IMAP dans des dossiers locaux au format Maildir. Par défaut, il synchronise tout, suppressions comprises. Pour s’en servir comme sauvegarde, on le limite à récupérer les nouveaux messages du serveur, avec des options comme Sync Pull New et Expunge None.
imap-backup, écrit en Ruby, est conçu pour la sauvegarde. Dans son mode par défaut, il garde une copie locale de tous les messages, même après leur suppression sur le serveur, et il sait les renvoyer vers une boîte.
Ces deux outils sont fiables et gratuits, mais ils s’adressent à quelqu’un qui sait écrire un fichier de configuration, planifier une tâche et lire un journal d’erreurs.
Ce que les sauvegardes faites maison oublient
L’outil compte moins que ce qu’il y a autour. Les mêmes oublis reviennent souvent :
- l’alerte en cas d’échec : un mot de passe changé ou un serveur qui refuse la connexion arrête la sauvegarde, et personne ne s’en aperçoit pendant des mois ;
- l’emplacement : une copie sur le même ordinateur que la messagerie, ou sur un disque toujours branché, part avec lui en cas de vol, de panne ou de rançongiciel ;
- le mot de passe : il est souvent écrit en clair dans un fichier de configuration, alors qu’un mot de passe d’application, révocable, serait plus sûr ;
- la place disque : une sauvegarde qui garde tout grossit chaque mois, jusqu’au jour où le disque est plein ;
- le test de restauration : une sauvegarde peut se révéler inutilisable le jour où on en a besoin, sauf si on a déjà essayé de restaurer un message.
Quand est-ce suffisant ?
Pour une boîte personnelle, ou deux ou trois boîtes suivies par quelqu’un qui connaît ces outils, une sauvegarde faite maison fonctionne très bien, à condition de régler les points ci-dessus.
Au-delà, ou quand personne n’a le temps de surveiller des tâches planifiées, le vrai coût est le temps passé. C’est pour ce cas qu’istorel existe : il fait la même chose que ces outils, vérifie chaque sauvegarde et vous prévient en cas d’échec. Pour voir ce que copie une sauvegarde IMAP, lisez La sauvegarde IMAP expliquée.